Étiquette : amour
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Midi (Pastiche, à la manière de Pablo Neruda)
Au mur décrépit, sur la treille gourmande Le soleil, patient et fier cheval cabré, Trace les ombres grises de mon attente, Et pose sur la mer de furtifs baisers. Soudain les graviers du sentier sous tes pieds Grésillent et alarment mon cœur impuissant, Une flamme joyeuse brûle mon sang, Conscience ravie, fourbue d’avoir épié. Tu…
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Retenue ( Pastiche, à la manière de François Coppée)
Si trois mots avaient pu lui complaire, J’aurais volontiers tout dit pour lui plaire ! Vendre le pain et sourire ainsi, Est-ce là tout ce qui me rassasie ? Toute charmante et très court vêtue, Bien que grassouillette et un peu velue, La boulangère enflamme bien vite Le passant affamé qui trop hésite. Le commerce a fort…
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Volupté
Ou le triple acrostiche de l’éphémère L’instant, capturer l’ici et le maintenant, comme au cinéma le hors champ de la bande-son nous le laisse découvrir : un autobus passe en ronronnant, une bicyclette tinte en passant, des bruits de pas… Sans trop tarder, cadrer l’assiette qui vient se poser sur la table devant Romuald. Il n’a…
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Émoticône en chanson
(‘l’émoji émouvant’) Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône, Tu as fait de mon avatar un canular ! Quel embarras, mon petit canard ! Moi, le favori de ton annuaire, Le promis de ton sanctuaire, Le ravi de tout l’estuaire. Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône, Avec l’aisance du fureteur J’ai voulu savoir qui tu héberges, Quels nomades gîtent dans…
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Élégie contemporaine
Il ne sert à rien d’éructer contre le nuage, chacun peut y trouver sa juste plage. Pourvu que l’on y garde mesure et distance, que l’on respecte les personnes… en un mot, qu’on ne vienne pas m’y marcher sur le pied, gauche s’entend, le côté du cœur ! J’avais souhaité m’en retourner vers le nuage. Loin…
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La fée et le nigaud
« Il faut que j’avoue que je suis un grand nigaud ; je mets tout mon plaisir à être triste » Stendhal Il était une fois un nigaud qui, comme tous les nigauds, vivait dans une province reculée. On l’employait à des travaux épuisants et, pour tout loisir, il regardait l’azur d’un air pénétré, faisait des nœuds avec…
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Anna
On l’avait changée de cellule. En raison du verdict sans doute. Tous les jurés avaient voté coupable et personne n’avait trouvé de circonstances atténuantes, personne. Même pas son avocat, désarçonné pendant tout le procès par les révélations que sa cliente avait apportées au fil des audiences. Avant le procès, elle avait menti à l’avocat, menti…
