(‘l’émoji émouvant’)
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
Tu as fait de mon avatar un canular !
Quel embarras, mon petit canard !
Moi, le favori de ton annuaire,
Le promis de ton sanctuaire,
Le ravi de tout l’estuaire.
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
Avec l’aisance du fureteur
J’ai voulu savoir qui tu héberges,
Quels nomades gîtent dans ton auberge.
Mon erreur est mère de ma fureur…
Ma curiosité appelle ma douleur.
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
De me voir à plusieurs, j’entrais en rage,
Je n’étais pas l’unique !
Devenu simple locataire de ton nuage !
Quel temps cynique !
Du coup j’ai accusé mon âge de ce ratage.
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
J’étais un peu ton paternel ancêtre,
Je ne maîtrisais pas tous les paramètres,
Et pourtant quel joli petit plaisir
De trouver sur chacun de tes messages
L’émoticône qui faisait défaillir le bien peu sage !
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
J’ai tant aimé le doudou romantique
Dont tu illustrais notre liaison informatique.
J’ai moins ri du sapajou lubrique et pirate,
Émoticône sardonique (ingrate !),
Qui te sert pour d’autres à caricaturer l’antique.
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
À grand regret je te fuis dorénavant,
Je te télésnobe, ma geekette,
Ostensiblement, sans ménagement.
Je ne te tolère plus, snobinette
Branchée à tous sans engagement.
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
L’amour m’a rendu trop curieux,
(L’amour… oui, l’amour !… petite conne !),
Je n’aurais pas dû t’écrire des cartes postales
Je n’aurais pas dû te paraître si peu soucieux
De ces techniques qui me furent fatales…
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
Ah, quand tu nous tiens, émoticône, quand tu nous tiens,
Émoticône, quand tu nous trahis, on a soudain envie,
De déchirer l’icône, de rompre tout entretien,
De se baigner dans l’eau-de-vie,
De se faire pervers… Ou bien, ou bien, ou bien…
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône,
De reprendre au dos le sac du routard,
De jeter les joujoux high tech aux orties
Et de porter plus loin ma guitare endolorie,
Voir là-bas s’il reste encore des filles simples et jolies,
Au hasard des villes, des rues, au hasard…
Émoticône, émoticône, oh, mon émoticône.
Cette chanson a été écrite lors de la saison 2016 du concours Dis-moi Dix mots.
[On peut entendre cette chanson sur une musique reggae, à la manière de Serge Gainsbourg… ]
Jean-Pierre Bouguier / 10 mots 2017 / © Jean-Pierre Bouguier – SACD
S’il en est parmi vous qui se demandent ce que je fais de mes loisirs d’aujourd’hui, je leur propose d’aller me retrouver à l’adresse suivante : https://www.atramenta.net/authors/jean-pierre-bouguier/122761/publications/

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