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Urgences speed

Sur la route allongé rien à foutre là casque argent odeur de feu répondez-moi votre nom rien à faire ouvre pas l’œil et le bon mauvais tout ça ça tire sur ma tête hurler ma tête me tords casque éclaté tire encore vomir saigner souffrir tête ma

Ai déjà perdu le fil

Ça pèse ça secoue ça roule gonflé sanglé rien à dire quel lieu quelle heure ça coule ça brûle j’ai laissé le feu sous le riz c’est pour ça le brulé faut couper gaz impression de hurler personne ne se retourne convulsion con con bien serré camionnette vite uniformes bleu rayures jaune sirène Cousteau commandant calypso pourquoi si vite brinquebale fourgonnette sirènes dévale ventilation ça tourne ça tourne yeux fermés les fermer je la ferme où va

Ai perdu le fil

Débarquement soudain ça secoue ça pèse ça résonne bruyant ordres contre-ordres discussion pas brillant allez fissa ça roule speed dans des couloirs pisseux les néons défilent petite sirène encore pas de calypso Copenhague bruit de bottes leurs souffles l’œil qui vire la paupière cache le défilé des murs ça court alentour virage sec dans les viscères arrêt flux dans la tête lumière rouge vacillement

Ai perdu le fil

Si vous m’entendez bougez l’œil visage blanc blouse verte lumière dans l’œil fixe fixe a vibré fixe trop loin ordres bourdonnement de la tête pulsations durailles dans le ventre branchements aiguilles le convoi déraille

Ai perdu le fil

Dire pour le cœur A+ le dire absolument ai-je parlé un silence avec palpitations tout dans la poitrine étrange méditation vision d’urgence refermée sur un corps tout petit tout petit tout est à portée les pieds tout proches de la tête le tout petit à préserver retour bébé sécurité menacée conscience filante perdue douleur vague rêves sauvages de sagaies fichées au ventre infirmier penché répondez-moi nausée nausée espère ne pas salir le riz ma grand’ mère s’accrocher à la mémoire qui vient légumes rosiers chocolat chaud nausée marché du samedi nausée l’autobus cahots poussée freinage nausée douleur bruit choc quoi douleur apesanteur bruit de verre douleur déchirement nausée écrasement brutal énorme douleur superlative et criée mort non mort non mort non peut-être préparer le bloc une chance trop mal

Ai perdu le fil

Cri noir long noir tunnel scanner marteau intense pilon artilleur obstiné lumière plafond œil entrouvert de force refermé de même où quand depuis quand corps bloc glace tremblements sudation corps glaise chaude fièvres sudations ventiler ventilez soutien cardiaque gorge encombrée tuyaux liquides pompes craquements crissements dents peut-être os trou noir encore paupières lourdes plomb anges ailés sur les grandes orgues église veau de la crèche paille dans la bouche nausée défécation bouse menace engloutissement ça coule ça coule narines nausées tuyaux choc poitrine trou noir

Ai perdu le fil

Trou noir tunnel tunnel très vite moto dans tunnel lumières défilent cadence du diable Paganini se pencher dans virages pas oublier pas assez pas assez trop bien tôt chute trainé sur le sol chaleur dans les mains brûlures encore virage se pencher non la moto glisse derrière va m’écraser cri sueurs abondantes encore virage serré se pencher sans hésiter pas trop tôt ça dérape un peu pas trop tenir tenir tenir à tout prix tenir ça passe tout près glissière ça passe accélérer se redresser passé cri cri répondez-moi répondez-moi lumières dans les yeux il va répondre répond ah répond ah satisfaction brume grise sur les yeux ah encore plus faible émission parmi tuyaux ne pas oublier d’arroser tomates faut sortir sinon elles seront perdues quel temps brume grise crachin paupières très lourdes sommeil noir nuit sans lune chouette brame marche forêt voir dans la nuit trou vide long sans image

Fil perdu

Sans image noir aplat réveil lourd lourd empâté machines voisines petits bruits petites vies mécaniques le bras pressé régulièrement tuyaux air frais dans poumons air frais sommeil à nouveau bras pressé comprimé paroles répondre répondre fais effort effort fais effort crénom on t’appelle euh euh articuler article mot pas mort nom de tu vas le cracher euh euh c’est bien on a dit c’est bien s’en contenter verra plus loin encourageant encouragements félicitations proviseur sérieux rosette notable costume grisaille bourge cathédrale enfant de chœur sur les genoux du proviseur non laïc annick ta mère oulala impossible Agnès ange blond bleu dentelles pleurer dire oui dire non hésitation vie oubliée où est-on qui quand sommes-nous wo sind wir what’s the matter irish coffee nausée poupée musée nausée barbie claus saint nicolas cadeau raté maman maman ratée perdue nausée pleurs tout intérieurs pleurez c’est bien pleurez encore laissez vous aller soufflez soufflez encore plus fort laissez pleurer je j’ai il a pleuré pourquoi quelle image ici moi ou un autre malade blessé souffrant réchappé vieux pneu glissade glissière choc le choc insurmontable le choc à vomir impossible revient sans cesse aucune impossible oubli regarder le ciel bleu fuir le noir le tout noir

Le fil perdu tout soudain

Brutale convulsion convulsion convulsion alerte sirène machines roulées convulsions cœur panne choc électricité doucement doucement n’allez pas trop vite j’ai peur puis très décharge très violente perte tunnel connaissance grand feu artifice mes yeux électricité reviens à lui plus tard tard soutenir oxygène canule dosez vite vite vite aider surveiller punir quelle conne prison Banham panoptique oxygène nom de Dieu j’ai dit 50 % une courge vie parisienne épicier arabe dire bonjour dire bonjour ne pas oublier rouvre les yeux ferme rouvre ferme lourd lumière vive visages dit bonjour bonjour rires et réponses au moins cinq lumière du stylo dans l’œil longtemps suivez la lumière essayer essayez encore encore une fois persé persévérer Andromède comète persévérer quand même encore oui je suis qui où quand 8 jours déjà pourquoi j’aurais dû tomates riz gaz boum feu sommeil réponses plus tard plus tard ça goutte goutte à goutte oubli

Fil perdu

Oxygène cœur bien lent brassard de tension régulièrement nuit tranquille bleu clair réanimation ambiance sans doute pas tout seul peut pas voir n’y tient pas des pas régulièrement un regard souvent femme joli pas repère et mère non pas mère mais père oui perpète avec pépée au lait au lit ollé laid grave pas plaisanter avec vertu sinon panpan tutu martiner martine et christiner christine inné jusqu’où la garde meurt perdu merde chûte sans fin contractions douleurs réa réveil de la douleur est-elle moi pas laissée dans l’incinérateur qu’est-ce qui reste de ce corps aimé inventaire impossible à faire réa couper ils ont coupé tailler poirier en mars trop tard non sévère bien tailler pour fructifier beaucoup de fruit chaud odorant coulant dépassant écœurant qu’est-ce puant un passant le héler ollé mince a pas vu entend rien moi non plus oreilles coupées non merci préfère la hure en tranche gueule cassée un peu retourné odeur nausée vomir pas possible retenir l’impossible murmurer gémir hystéro qui attire l’attention théâtre histrion vomir cri vomir ça vient c’est venu étouffer toux se détourner douleur hurlante pas grave pas grave réa ça va aller va aller ventre vide poumon brûlé comme le riz les gants bien à plat sur bitume pantalon haut le corps moto derrière va m’emboutir le dos elle glisse ça crisse sur asphalte étincelles cri revivre encore le cri moto glisse moto crisse chaussée moto glissière juste derrière dans ma chair moto chère je tombe là où fus ramassé crucifié pompiers harassés trop bas tombé ce n’est rien juste une petite nausée surmontée hop une autre et fondu inattendu

Fil perdu

Je vais augmenter l’antalgique dans la perf performance indicateur poteau efficient au rapport mon pote insuffisant pour quoi en tout aller plus loin plus vite plus fort plus haut non pas s’il te plaît stop stop pas si vite regarder les pensées automates délétères de travers tu dérapes éther endormi encore si demain attendait la perf fatigue y a pas doute cézigue aura pas la médaille trop schlass kaputt yamauvais performance dégoutant corps puant suant souffrant offert aux manipulations pas maintenant avenir abandonné corps mort elles aiment le faire crier dans la nuit y a pas moyen d’autrement faire il crie puis silence et nuit encore néons néant toujours plein feu et les doses en masse font faire silence et sommeil épais épaisse floculation cumulus nuée ardente mousse en bombe qui pousse oreiller sur nez et bouche il s’étouffe ça commence doucement ça va passer juste un moment respi accélé ration encore il étouffe ça le soulève réveille un avertisseur teinte plus loin très loin terrible solitude ça serre dans la poitrine aimerait crier cette fois s’agite du coup se fait mal plus de souffle demeuré pour crier vertige parfait tourbillonnant personne en train alors qu’il est en train de et puis apogée du cycle douleur terrassante de la poitrine chute de la lumière inanition

Fil à nouveau perdu

Syncope tête débranchée inconscient pend au bord du lit défait retombé défaite assurée défunt pas encore attends juste un peu choc électrique cœur reparti cœur arrêté choc cœur reparti mais en cavale veut plus de la charge héroïque encore un choc électrique trois hoquets de la pompe et repart repart ne pas garder en conscience cette putain de séquence pétoche duraille j’m’accroche résurrection réa concentration sur son corps mettre de l’air dans la douleur faire un tour du corps membres fantômes trompeurs verra plus tard y arrive pas je demanderai à l’infirmière de faire le tour de mon corps se réanimer mais pas bouger pas de désir de douleur prête à hurler pas de provoc je réponds à la convoc sans humeur qui coule ça coule où depuis quand sommeil sommeil réparation fatigue voyage rêve un deux trois une femme bikini blanc prend des poses sur une bike photo foutoir camionneur noir puis moto roule la poule sur le réservoir asseoir un patin roule patinage entrechat chaminou patatras elle est plus là virage sauvage tout seul en face des garces toutes sauf maman non maman aussi garce patatras vous laisse en plan à plat sur place dégueulasse réveil je veux pas elles toutes me braquent phare et rient de moi au fossé boue cassé pourquoi rient au secours

Fil encore perdu

Trois deux un réveil stylo dans l’œil paupières retroussées vague je suis vague le stylo vague gémis grave sans retenue à suivre la loupiotte bon signe tout ça consigne le là la mineur encore les limbes douces et réveil plus apaisé quand combien huit dix douze sais rien réveil régulier singulier une fois la lumière en veilleuse pour ma veille plus agréable que néon tout nus directs difficile de dire ça va venir revenir sourire demain à l’infirmière Ève sur place est-elle sensible dans mon rêve bon signe tout cela encore un effort camarade encore dis bonjour à Ève charmante elle approche du lit non pas de cinéma t’en fais pas tu peux pas mariole néanmoins en voilà trois mamans aux sourires indulgents annoncent grand ménage elles ont gants et charlottes fioles en masse éponges jetables détergent lubrifiant pompe à quoi tout au doigt premier lessivage de tout le corps aux mains de ses dames qui tourne autour le torchonne le torche retorche retrousse soulève sans dégoût sans attrait rase et douche comme de rien n’était suis pas rien dans ces mains bien la première humiliant mon body ricuicui non pas humilitude mais nécessitude puis attentif me souviens suivre les mains les sentir se découvrir entier suis entier ai rien laissé dans le virage doulourieux mais entier rien coupé du coup soulagement abandon à la fraîche effluve au propre au renouveau pour un peu on se lèverait fait mine non pas sage rester mains sur le drap où ça où ça tu sais bien mon gars un petit gel massé froid de mains de maîtresse plaisante sans plaisanter malgré mes oh et ah juste pour savoir où j’en suis éveil ou sommeil toujours vague troublé après remue massage fatigant et un peu endolorant mais rêve de tapis volant glissant tremblant au vent autres odeurs au fil du déplacement arrive Ispahan et suis houri capiteuse sans bruit brume honteuse patchouli m’écœure réveil nuit déjà roulé ailleurs sans doute changé d’étage nuit devine par la fenêtre partie occultée jalousies les lumières dehors ce que c’est le découvrirai avec le ciel demain car il y a demain entier et demain ma conscience bien à moi je devine un bonheur à l’heure que j’y suis confus pour l’instinct fatig opiacés gogo terrassé calmé tranquil dormir plaisir fondant voulu abandon doucement tout doucement te retiens plus laisse aller laisse aller c’est tout bon laisse encore aller sans bruit bien doux juste un fil filet de gaz une perfection de ralenti point en fin.



Rapport établi par le CHR de N…  à la demande de la famille de Monsieur Moira.

Stéphane Moira, patient de sexe masculin, trente ans, 50 kg, 1m75.

Arrivé Urgences suite accident de la voie publique à 7 h 30 par transport pompiers. Dans leur rapport ceux-ci témoignent avoir recueilli le patient hémorragique et inanimé, après une chute de moto. Celle-ci aurait dérapé dans un virage, le motocycliste, après avoir glissé une dizaine de mètres sur la chaussée, a heurté la glissière de sécurité, son véhicule l’a percuté dans le dos alors qu’il était sans doute déjà inanimé du fait du premier choc.

Prise en charge immédiate au CHR, en réanimation soins intensifs, bilan d’arrivée lourd : polytraumatisme crânien, avec deux dépressions de la boite crânienne, dont la plus importante, postéro latérale droite, avec éclatement des membranes méningées, lacération de la matière cervicale et hémorragie importante (contenue sur place par le médecin des pompiers après enlèvement difficile du casque de moto éclaté). Nombreux désordres des membres très douloureux lors des manipulations, luxations, sans fractures majeures toutefois. Luxation facettaire cervicale sans doute en rapport avec le choc violent sur le casque, sans atteinte de la moelle épinière d’après le scanner. Compression de la cage thoracique avec fractures de plusieurs côtes, hémorragie interne viscérale. Conscience très labile, répond mal aux sollicitations, réflexe photomoteur inconstant.

Plaies crâniennes contenues par chirurgie d’urgence : extraction des particules osseuses incluses, consolidation par résection des segments osseux saillants préparant une éventuelle reconstruction ultérieure, obturation des hémorragies, ponction de plusieurs hématomes intracrâniens. Toutefois la tension artérielle et le niveau d’oxygène dans le sang du cerveau n’ont jamais pu être remontés à des valeurs suffisantes.

L’hémorragie abdominale a été maîtrisée nécessitant l’ablation de la rate et du lobe distal du foie, organes écrasés par l’accident. Durée totale de l’intervention en bloc opératoire : 6 heures. Dès ce stade, pronostic vital engagé.

Ventilation artificielle permanente et administration de Propofan et sulfate de morphine en perfusions proportionnelles à l’intensité des douleurs du patient.

Peu après la chirurgie, le patient est pris de plusieurs crises de convulsions violentes accompagnées de fibrillations cardiaques. Sous surveillance permanente, il perd constamment connaissance lors de ces convulsions qui conduisent très vite à des arrêts cardiaques. Le cœur, très fatigué, a difficilement repris son fonctionnement, à trois reprises.

Le cœur, épuisé dans sa lutte pour la vie, cesse définitivement de battre à 3 h 35 du matin. Aucune autopsie n’a été pratiquée.

N…, le 30 novembre 2012,

Docteur Sébastien Cardiat, urgentiste au CHR de N…

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Urgences speed – © Jean-Pierre Bouguier – SACD


S’il en est parmi vous qui se demandent ce que je fais de mes loisirs d’aujourd’hui, je leur propose d’aller me retrouver à l’adresse suivante : https://www.atramenta.net/authors/jean-pierre-bouguier/122761/publications/


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